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Les chats d’écrivains

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Chats de lettres

L’histoire d’amour entre les chats et les gens de lettre ne date pas d’hier. Est-ce leur beauté, leur calme, leur douceur ou leur mystère qui charme tant poètes et écrivains ? A moins que ce ne soit leur nature sauvage et indomptable…

CHATcocteau

Voici un petit tour d’horizon des liens qui ont pu unir les écrivains et leurs chats :

François-René de Chateaubriand, qui vécu entouré de chats, écrivit à leur propos  « J’aime dans le chat ce caractère indépendant et presque ingrat qui le fait ne s’attacher à personne, et cette indifférence avec laquelle il passe des salons à ses gouttières natales. »

NouvellesHistoiresExtraordinairesEdgar Allan Poe a utilisé le chat noir, annonciateur de mauvais présages dans l’univers fantastique, dans une célèbre nouvelle intitulée tout simplement « Le chat noir ». Le narrateur, un homme qui avait toujours aimé les animaux, se met à haïr un chat dès lors que son épouse s’attache à l’animal. Son obsession pour le chat devient malsaine et le pousse à tuer le félin et à assassiner sa femme. Il sera puni…grâce au chat.

Théophile Gautier fut lui aussi un grand adorateur des chats. Dans « La ménagerie intime », il raconte avec humour et tendresse les mésaventures de différents chats. « C’est une bête philosophique, tenant à ses habitudes, amie de l’ordre et de la propreté. (…) Séraphita restait de longues heures immobile sur un coussin, ne dormant pas, suivant des yeux avec une extrême intensité d’attention, des spectacles invisibles pour les simples mortels. »

Charles Baudelaire leur dédia plusieurs poèmes dans son recueil des Fleurs du mal.
« Quand mes yeux vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement. »

paradis-des-chats-zolaEmile Zola, qui hébergeait plusieurs chats, les évoque les chats à plusieurs reprises dans ses romans tels que Thérèse Raquin. Dans sa nouvelle « Le paradis des chats », il raconte les péripéties d’un chat qui abandonne une vie confortable et choyée pour aller vivre dans la rue. Au final, cette vie ne lui plaît pas et il rentre chez lui. Sa propriétaire le punit mais il préfère encore être enfermé et bien nourri qu’être libre et devoir chercher de quoi survivre.

Guy de Maupassant, qui fonda avec Alexandre Dumas une ligue pour la défense des félins, écrivit dans « Sur les chats » : « Il circule comme il lui plaît, visite son domaine à son gré, peut se coucher dans tous les lits, tout voir et tout entendre, connaître tous les secrets, toutes les habitudes ou toutes les hontes de la maison. Il est chez lui partout, pouvant entrer partout, l’animal qui passe sans bruit, le silencieux rôdeur, le promener nocturne des murs creux. »

Paul Leautaud s’apitoyait sur le sort des animaux mais détestait les humains. Il avait transformé sa maison de Fontenay-aux-Roses en refuge pour animaux abandonnés : « J’ai dû avoir au moins 300 chats et 150 chiens. Pas tous à la fois. Mais ma moyenne, c’était une trentaine de chats et une douzaine de chiens. »

Colette vécut entourée de nombreux chats, dont ses fameux chartreux,  qui lui ont inspiré de magnifiques textes. « On dirait que je dors, parce que mes yeux s’effilent jusqu’à sembler le prolongement du trait velouté, coup de crayon hardi, maquillage horizontal et bizarre, qui unit mes paupières à mes oreilles. Je veille pourtant. Mais c’est une veille de fakir, une ankylose bienheureuse d’où je perçois tout bruit et devine toute présence… »

Ayme-MarcelMarcel Aymé, l’auteur des « contes du chat perché » mis bien souvent à l’honneur le petit félin. Dans « La patte du chat »  Alphonse le chat a le pouvoir de faire pleuvoir en passant sa patte derrière son oreille. Ce qui lui vaudra quelques mésaventures, qui heureusement finiront bien.

« Blues pour un chat noir » est un recueil de cinq nouvelles écrites par Boris Vian. L’une d’entre elles raconte les mésaventures d’un chat noir frondeur, dragueur et roi de l’argot, qui joue les grands seigneurs et finit misérablement.

laproieduchatLa romancière américaine Patricia Highsmith, vouait une passion débordante aux chats, préférant leur compagnie à celle des humains. Elle célébra le chat dans 2 recueils de nouvelles « La proie du chat » et « Des chats et des hommes ». Selon elle « Un chat fait qu’une maison est un foyer. Un écrivain n’est jamais seul avec un chat, tout en étant suffisamment seul pour pouvoir travailler. Qui plus est, qu’il déambule ou qu’il dorme, un chat est une oeuvre d’art vivante, en perpétuelle métamorphose. »

yves-navarre

Yves Navare, dans « une vie de chat », nous livre un roman de chat écrit par un chat. Car oui, les chats savent écrire. Parce qu’ils savent se taire, observer, écouter et donner le meilleur d’eux-mêmes. Le chat Tiffauges écrit donc le roman de sa vie à la première personne, ce qui est en principe le privilège des humains, bipèdes, doués de raison. A lire absolument !

 

La liste est loin d’être exhaustive. Voici quelques portraits pour compléter cette galerie d’écrivains amoureux des chats.